La buée sur la face intérieure d’une vitre vient de l’air du logement : chargé de vapeur d’eau, il se condense au contact d’une surface froide. Le plus souvent, cet air n’est pas assez renouvelé ; le vitrage compte aussi, car plus il est froid côté pièce, plus il se couvre facilement de buée. Voici comment faire la différence, les gestes conseillés par l’ADEME et ce qu’un vitrier vérifie.
D’où vient l’eau sur la vitre
L’Agence Qualité Construction le résume ainsi : la condensation est due au contact entre un air intérieur chargé de vapeur d’eau et une surface froide. C’est un phénomène courant, dans les logements anciens comme neufs.
Regardez d’abord où se trouve l’eau. Côté pièce, elle vient de l’air intérieur : c’est le sujet de cet article. Entre les deux verres d’un double vitrage, c’est le vitrage qui n’est plus étanche : lisez plutôt notre article sur la buée dans le double vitrage. Côté extérieur, sur un vitrage très isolant, une condensation passagère est normale selon le fabricant de verre AGC : elle montre qu’il isole bien.
Pour la buée côté pièce, l’Agence Qualité Construction distingue trois causes :
- une source d’humidité : cuisine, salle de bains, lessive, séchage du linge, appareils au gaz ou au pétrole, et la simple présence des occupants, qui respirent ;
- une surface froide : vitrage, carrelage, angle de mur mal isolé ;
- un logement mal ventilé : ventilation absente, en panne ou gênée, calfeutrement excessif.
Aérer et ventiler : les conseils officiels
Pour l’ADEME, de la condensation sur les fenêtres signale une ventilation insuffisante. L’Agence Qualité Construction va dans le même sens : le défaut de ventilation est la principale source d’apparition d’humidité. Un déshumidificateur peut compléter, mais il ne règle pas le problème de fond, rappelle Qualitel, une association qui informe le public sur la qualité du logement.
L’ADEME donne des repères : un adulte rejette environ 55 g de vapeur d’eau par heure, et une lessive environ 1 kg en séchant. Exemple chiffré fictif : deux adultes dorment 8 heures, fenêtre fermée. Ils rejettent 2 × 55 g × 8 h = 880 g de vapeur, près d’un litre d’eau. Si du linge sèche dans la chambre, il faut ajouter environ 1 kg. Au réveil, une partie de cette eau s’est déposée sur les surfaces froides, comme les vitres.
Voici les gestes conseillés par l’ADEME dans son guide « Un air sain chez soi » :
- aérer 10 minutes le matin et le soir, en hiver comme en été ;
- aérer pendant et après la douche, le bain, la cuisine ou la lessive, couvrir les casseroles et allumer la hotte ;
- faire sécher le linge dehors ou dans une pièce bien ventilée ;
- garder un taux d’humidité entre 40 et 60 % et une température entre 18 et 22 °C : un hygromètre permet de le mesurer ;
- ne jamais boucher une entrée d’air ni une bouche d’extraction, les nettoyer, et laisser environ 2 cm sous les portes intérieures pour que l’air circule ;
- ne pas éteindre la VMC, la ventilation mécanique contrôlée, conçue pour fonctionner en permanence ; nettoyer ses bouches une fois par trimestre et la faire entretenir tous les trois ans par un spécialiste.
Quand le vitrage est en cause
Plus la face intérieure du verre est froide, plus elle se couvre facilement de buée. Un simple vitrage condense donc plus facilement. Selon l’Espace Conseil France Rénov’ Alisée, le double vitrage réduit l’effet de paroi froide, cette sensation de froid près de la vitre, et limite la condensation ; un vitrage à isolation renforcée isole encore deux à trois fois mieux qu’un double vitrage classique.
Pour une fenêtre ancienne à simple vitrage, il existe trois pistes. La première : poser un vitrage isolant sans changer la fenêtre, si la menuiserie est saine et peut en porter le poids ; pour les feuillures anciennes, ces rainures du cadre où repose le verre, CEKAL décrit des « vitrages de rénovation », montés dans un profilé plastique. La deuxième : ajouter un survitrage, peu coûteux mais d’une efficacité relative selon l’Espace Conseil France Rénov’ de Montpellier, qui signale un risque de buée entre les deux vitres. La troisième : changer la fenêtre.
Attention au cas inverse. Remplacer d’anciennes fenêtres en bois par des menuiseries PVC étanches sans prévoir d’orifices de ventilation figure parmi les causes de condensation citées par l’Agence Qualité Construction. France Rénov’ recommande donc de vérifier la ventilation avec l’artisan au moment du remplacement.
Deux autres signes orientent vers la fenêtre :
- une menuiserie en aluminium sans rupteur de pont thermique : l’aluminium conduit la chaleur, et l’Espace Conseil France Rénov’ de Montpellier conseille les menuiseries avec rupteurs ;
- des joints usés autour du vitrage ou entre la vitre et le cadre, que Qualitel conseille de rénover.
La méthode du vitrier, étape par étape
Face à des vitres qui ruissellent, voici la façon de faire habituelle d’un vitrier. Le but : savoir si le vitrage est vraiment en cause avant de proposer de le changer.
- Situer l’eau : face intérieure, entre les deux verres ou face extérieure.
- Identifier le vitrage : simple ou double, composition (un vitrage 4-16-4 réunit deux verres de 4 mm et une lame de 16 mm), et, s’il est certifié CEKAL, son marquage, qui peut indiquer la période de fabrication.
- Examiner la menuiserie : son matériau ; sur l’aluminium, la présence d’un rupteur de pont thermique, qui isole la face intérieure du cadre de sa face extérieure ; l’état des joints et des parecloses, ces baguettes qui maintiennent le verre.
- Vérifier les entrées d’air, ces petites ouvertures calibrées placées sur les fenêtres : avec une VMC, elles équipent les pièces sèches, chambres et séjour, et non la cuisine, la salle de bains ou les toilettes, où des bouches d’extraction aspirent l’air humide. Avec une VMC double flux, les fenêtres n’en ont pas.
- Faire le test de l’ADEME : une feuille de papier toilette tenue devant une bouche d’extraction doit être attirée vers elle. Sinon, la ventilation est à confier à un chauffagiste ou à un électricien, comme l’indique Qualitel.
- Proposer un nouveau vitrage seulement s’il est en cause, sur devis gratuit, en gardant des entrées d’air adaptées à la ventilation du logement : France Rénov’ rappelle que des fenêtres neuves, plus étanches, peuvent perturber le renouvellement de l’air.
Votre relevé en une semaine
Avant de changer quoi que ce soit, notez pendant sept jours ce que vous observez. Vous pourrez ensuite nous envoyer une photo de vos fenêtres avec ce relevé : il aide à trouver la bonne cause.
Si, dans une même pièce, une fenêtre ruisselle et l’autre reste claire, comparez leurs vitrages et leurs cadres : la surface la plus froide se couvre de buée la première. Si toutes les pièces sont touchées, surtout au réveil, regardez d’abord l’aération et la ventilation.
Agir tôt compte : selon l’Agence Qualité Construction, les contrats d’assurance multirisque habitation excluent en général les dommages dus à la condensation. Si vous êtes locataire, votre responsabilité peut être engagée quand les bouches de ventilation ne sont pas entretenues ; celle du bailleur, quand la VMC fonctionne mal.
Notez chaque jour :
- le taux d’humidité et la température, matin et soir, pièce par pièce (repères de l’ADEME : 40 à 60 %, 18 à 22 °C) ;
- les fenêtres touchées : lesquelles, simple ou double vitrage, toute la vitre ou seulement le bas ;
- le moment : au réveil, après la douche, pendant la cuisine, quand le linge sèche ;
- les entrées d’air : présentes, ouvertes, propres ou bouchées ;
- le résultat du test du papier toilette dans la cuisine, la salle de bains et les toilettes ;
- les taches noires ou moisissures, photographiées avec la date.
À retenir
- La buée côté pièce a trois causes principales : de la vapeur d’eau, une surface froide et un air mal renouvelé.
- Aérez 10 minutes matin et soir, ne bouchez aucune entrée d’air et visez 40 à 60 % d’humidité, comme le conseille l’ADEME.
- Le vitrage est en cause surtout avec un simple vitrage, des joints usés ou une buée entre les verres : un vitrier le vérifie, sur devis gratuit.
Article relu par Photnicha Inthasa, directrice de la publication, le 05/10/2026.
Sources
- La condensation est due au contact entre un air intérieur chargé en vapeur d’eau et une surface froide ; phénomène courant dans les logements anciens ou neufs ; trois causes : une source d’humidité (cuisine, salle de bain, lessive, séchage du linge, combustion d’appareils à gaz ou à pétrole, présence humaine ou animale), une surface froide (vitrages, carrelages, angles, ponts thermiques), une habitation mal ventilée (absence de ventilation, système contrarié, en panne ou mal positionné, calfeutrement excessif, remplacement d’anciennes fenêtres bois par des menuiseries PVC étanches sans orifices de ventilation) ; « Le défaut de ventilation est la principale source d’apparition d’humidité » ; VMC : air neuf par de petites ouvertures sur les fenêtres des pièces sèches, extraction dans les pièces humides ; ne pas obstruer entrées d’air et bouches ; responsabilité possible du locataire (entretien des bouches) et du bailleur (fonctionnement de la VMC) ; les contrats multirisques habitation excluent en général les dommages relevant de la condensation. — https://qualiteconstruction.com/wp-content/uploads/2024/05/Fiche-Prevention-Risques-Habitation-04-Phenomene-Condensations-AQC.pdf, lu le 02/10/2026
- Avec un vitrage super-isolant, de la condensation peut apparaître côté extérieur, car la feuille extérieure se refroidit ; elle est passagère, disparaît au fil de la journée et prouve le bon caractère isolant du vitrage. — https://agcglassbelgium.be/uploads/files/glazing_instructions-fr.pdf, lu le 02/10/2026
- Sources d’humidité : cuisson, vaisselle, séchage du linge, toilette, chauffages mobiles d’appoint, respiration ; un adulte produit environ 55 g de vapeur d’eau à l’heure, une lessive environ 1 kg sur son temps de séchage ; aérer quotidiennement 10 minutes le matin et le soir, en hiver comme en été ; aérer pendant et après bain, douche, lessive, cuisson ; couvercle sur les casseroles et hotte ; linge séché à l’extérieur ou dans une pièce bien ventilée ; humidité entre 40 et 60 % et température entre 18 et 22 °C, hygromètre au besoin ; ne jamais boucher une entrée d’air ou une bouche d’extraction et les nettoyer ; espace d’environ 2 cm sous les portes intérieures ; ne pas éteindre la VMC, conçue pour fonctionner en permanence ; nettoyer les bouches une fois par trimestre ; entretien de la VMC tous les trois ans par un spécialiste ; test de la feuille de papier toilette ; « Si de la condensation apparaît sur vos fenêtres, c’est que la ventilation de votre logement est insuffisante. » — https://www.atmo-nouvelleaquitaine.org/sites/nouvelleaquitaine/files/medias/documents/2022-02/guide-pratique-un-air-sain-chez-soi-ADEME.pdf, lu le 02/10/2026
- Quand l’air chaud et humide rencontre une surface froide (vitrages, châssis), la vapeur d’eau se condense ; rénover les joints autour du vitrage (entre les montants et le cadre, ou entre la vitre et le cadre) ; un déshumidificateur ne règle pas le problème de fond ; si le problème vient de la VMC, un chauffagiste ou un électricien saura l’entretenir, la réparer ou la remplacer. Qualitel se présente comme une association indépendante qui promeut la qualité de l’habitat par la certification et l’information du grand public. — https://www.qualitel.org/particuliers/conseils/comment-eviter-la-condensation-sur-les-fenetres/, lu le 02/10/2026
- Plus performant que le simple vitrage, le double vitrage réduit l’effet de paroi froide tout en limitant la condensation ; le double vitrage à isolation renforcée (argon et couche faiblement émissive) a un pouvoir isolant deux à trois fois supérieur à celui du double vitrage classique (d’après le guide ADEME « Isoler sa maison »). — https://alisee.espace-france-renov.fr/vos-travaux/isolation/isolation-des-fenetres-et-parois-vitrees/, lu le 03/10/2026
- Survitrage : possible si les menuiseries sont en bon état et étanches et si l’ouvrant supporte la charge ; solution peu onéreuse mais d’une efficacité relative ; étanchéité rarement parfaite, d’où un risque de condensation entre les deux vitres. Double vitrage en rénovation : remplacer uniquement le vitrage, si les menuiseries sont en bon état et si l’ouvrant supporte la charge. Aluminium conducteur de chaleur : préférer des menuiseries avec rupteurs de pont thermique. Avec une VMC, entrées d’air sur les fenêtres des pièces sans bouche d’extraction (chambres, salon, séjour), aucune dans la cuisine, la salle de bain et les toilettes ; avec une ventilation double flux, aucune entrée d’air sur les fenêtres. — https://www.alec-montpellier.org/particuliers/construire-et-renover-ma-maison/portes-et-fenetres/, lu le 02/10/2026
- L’installation de fenêtres neuves, bien plus étanches à l’air que les anciennes, peut perturber le renouvellement d’air du logement (évacuation de l’humidité et de l’air vicié) ; vérifier la qualité de la ventilation avec l’artisan et prévoir, si nécessaire, des travaux de ventilation. — https://france-renov.gouv.fr/renovation/isolation/menuiseries-exterieures-appartement, lu le 02/10/2026
- Composition 4-16-4 : épaisseur de la lame au milieu, épaisseurs des deux verres de part et d’autre, en mm ; vitrage de rénovation : vitrage isolant incorporé dans un profilé plastique permettant la pose dans une feuillure ancienne. — https://www.cekal.com/fr/glossaire.html, lu le 02/10/2026
- Le marquage indélébile des vitrages isolants certifiés indique notamment la marque ou le nom de société, le site de production et la période de fabrication (ou l’adresse du site internet du fabricant et un numéro d’identification du produit). — https://www.cekal.com/fr/vitrages-isolants-1.html, lu le 02/10/2026

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