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Pourquoi un double vitrage peut se fendre sans choc

Une fissure partie du bord, sans impact ? Pensez à la casse thermique : causes, indices, méthode du vitrier, exemple chiffré et prise en charge.

Par Assistance Vitrerie

Vitre fendue par une longue fissure courbe partie du bord, sans point d’impact
Photo d’illustration : Eugene Chystiakov, Unsplash

Un double vitrage peut se fendre sans aucun choc. La première cause à envisager est la casse thermique : deux zones du même verre n’ont pas la même température, par exemple un centre chauffé par le soleil et un bord resté froid dans le cadre. Voici comment la reconnaître, ce qui la favorise, comment procède un vitrier et ce que l’assurance peut prendre en charge.

La casse thermique expliquée simplement

Le verre se dilate quand il chauffe. Au soleil, le centre de la vitre chauffe vite ; ses bords, pris dans le cadre, restent plus froids. Le centre pousse, les bords sont tirés. Or le verre résiste moins bien à la traction qu’à la compression : si l’écart de température dépasse ce que le verre supporte, une fissure part d’un bord et traverse la vitre. C’est le mécanisme décrit par l’Agence Qualité Construction (AQC).

Cette limite dépend du verre. D’après l’AQC, un verre ordinaire, dit « recuit », supporte un écart de l’ordre de 40 °C, si ses bords sont sans défaut. Un verre durci supporte 100 °C, un verre trempé 200 °C.

Le double vitrage y est plus sensible qu’un simple vitrage, car la lame d’air entre les deux verres transmet peu la chaleur. Et l’hiver aggrave les choses : les écarts sont plus forts quand le soleil frappe la vitre au lever du jour, par ciel clair (AQC).

Les situations à risque

Une fenêtre tournée vers le nord, en gros du nord-ouest au nord-est, est peu exposée au soleil : la norme de calcul NF DTU 39 P3, citée par l’AQC, lui attribue un risque faible.

Ailleurs, voici ce qui chauffe le verre de façon inégale, selon l’AQC :

  • une ombre partielle et durable sur la vitre : balcon ou terrasse au-dessus, auvent, arbre, immeuble voisin, store extérieur ;
  • un store, un rideau ou une tenture placés contre le verre ;
  • un film, un autocollant ou une affiche posés sur la vitre ; les verres teintés ou à couche chauffent aussi davantage ;
  • un radiateur, un convecteur ou un chauffage d’appoint qui chauffe directement le verre, ou une lampe halogène tout près ;
  • un meuble ou un canapé sombre collé à la vitre, qui chauffe au soleil puis renvoie la chaleur ;
  • un bord de verre écaillé lors de la fabrication, du transport ou de la pose : c’est un point faible.

Reconnaître la fissure typique

Une casse thermique a une signature. Selon l’AQC, la fissure part d’un bord du verre, à angle droit avec ce bord, puis suit un chemin plutôt sinueux. Sur le premier centimètre environ, elle est unique ; elle peut ensuite se dédoubler si l’écart de température était fort.

Une fissure qui part d’un point au milieu du verre ne correspond pas à ce schéma : un choc est plus probable. Un verre brisé d’un coup en une multitude de petits morceaux est un verre trempé : pour ce verre, l’AQC décrit une casse spontanée, rare, brutale et bruyante, due à une minuscule inclusion de sulfure de nickel.

Une fissure courte peut s’allonger ensuite, par à-coups, sous l’effet de la chaleur ou des efforts (AQC). Si la vitre tient et que la fenêtre ferme, un rendez-vous suffit ; ne tardez pas trop pour autant, et gardez des photos.

Casse thermique ou autre cause : notre liste de contrôle

Nous avons construit cette liste à partir des sources citées. Elle aide à décrire la casse au téléphone, ou sur la photo de la fissure à nous envoyer :

  • D’où part la fissure ? D’un bord, à angle droit : indice de casse thermique. D’un point au milieu du verre : indice de choc.
  • Le verre a-t-il tenu ? Fendu mais en place : verre ordinaire ou durci. En mille morceaux : verre trempé.
  • Où donne la fenêtre ? Au soleil, au sud, à l’est ou à l’ouest : risque plus élevé. Au nord : risque faible.
  • Qu’y a-t-il contre le verre ? Store ou rideau à moins de 5 cm, radiateur, meuble sombre, film : facteur aggravant.
  • Quand l’avez-vous vue ? Un matin d’hiver ensoleillé : contexte typique.
  • Le vitrage a-t-il moins de dix ans ? Retrouvez la facture de pose : elle servira.

La méthode du vitrier, étape par étape

La règle du métier, rappelée par l’AQC : trouver la cause exacte du bris avant de remplacer le verre. Voici comment un vitrier procède habituellement :

  • Étape 1 : vérifier que le verre fendu tient dans son cadre. S’il risque de tomber, le vitrier referme l’ouverture de façon provisoire. Nous intervenons 24h/24 et 7j/7, à Paris et dans toute l’Île-de-France.
  • Étape 2 : photographier le départ de la fissure, de près, puis la fenêtre entière.
  • Étape 3 : noter ce qui entoure la vitre : orientation, ombres, store, rideau, radiateur, objet sombre, film collé.
  • Étape 4 : lire le marquage du vitrage, s’il existe. CEKAL est l’organisme qui certifie les vitrages isolants. Sur un vitrage certifié, ce marquage indique notamment le fabricant et la période de fabrication.
  • Étape 5 : choisir le vitrage neuf. Une norme de calcul, la NF DTU 39 P3, sert à évaluer le risque de casse thermique. S’il est trop élevé, on peut faire façonner les bords du verre exposé. Ce travail des bords lui fait supporter un écart plus grand. Le verre peut aussi être durci ou trempé. Selon l’AQC, un vitrage fait seulement de verres trempés ne craint pas la casse thermique jusqu’à 120 °C environ.
  • Étape 6 : si la vitre est au soleil, corriger ce qui vient de l’usage (AQC). Laisser au moins 5 cm, où l’air circule, entre le verre et un store ou un rideau. Ne pas diriger de chauffage vers le verre. Garder au moins 20 cm entre le verre et un convecteur ou un objet sombre. Ne rien coller sur la vitre.
  • Étape 7 : remplacer le volume verrier, c’est-à-dire l’ensemble des deux verres scellés. La menuiserie reste en place.

Exemple chiffré : l’écart qui fait casser

Exemple fictif, pour comprendre le calcul. La formule est simple : écart de température = température au centre du verre − température au bord.

Imaginons un matin d’hiver par ciel clair. Le soleil chauffe le centre de la vitre à 36 °C ; le bord, dans un cadre froid, reste à −2 °C. Écart : 36 − (−2) = 38 °C.

C’est juste sous l’ordre de grandeur de 40 °C donné pour un verre recuit sans défaut de bord. La marge est mince. Selon l’AQC, un verre au bord abîmé ou écaillé peut casser pour un écart bien plus faible. La casse devient donc possible. Avec un verre trempé, donné pour 200 °C, le même écart reste très loin de la limite. Ces chiffres sont inventés pour l’exemple. Seul un calcul selon la NF DTU 39 P3 évalue un cas réel.

Ce que prend l’assurance ou non

Selon la DGCCRF, la garantie bris de glace d’un contrat multirisque habitation couvre les bris et les fissures des vitres et des fenêtres. Si votre contrat la prévoit, relisez ses exclusions et sa franchise : l’assureur déduit la vétusté et la franchise éventuellement prévues.

Déclarez le sinistre dès que vous le constatez, dans le délai prévu par votre contrat. La loi interdit qu’il soit inférieur à cinq jours ouvrés (Code des assurances, article L113-2). Si la casse n’est pas dangereuse, demandez à votre assureur s’il envoie un expert. Selon la DGCCRF, les réparations sans caractère d’urgence attendent son passage. Gardez photos, devis gratuit et facture.

Votre vitrage a moins de dix ans ? Prévenez aussi l’entreprise qui l’a posé. Selon Service Public, la garantie décennale dure dix ans après la réception des travaux. Elle couvre les dommages qui menacent la solidité d’un ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Pour une casse thermique, l’AQC indique que la responsabilité du poseur est engagée a priori. Un usage inadapté, comme un store ajouté contre le verre, peut toutefois être invoqué pour l’exonérer.

Locataire ? Prévenez aussi votre propriétaire. Le vitrage neuf est chiffré sur devis gratuit ; le déplacement et la main-d’œuvre sont facturés selon notre page Tarifs.

À retenir

  • Sans choc, pensez casse thermique : une fissure qui part d’un bord, à angle droit, puis serpente.
  • Ombre partielle, store ou rideau contre le verre, radiateur ou film augmentent le risque, surtout un matin d’hiver par ciel clair.
  • Avant de remplacer, on cherche la cause. Déclarez la casse à votre assureur dans le délai du contrat, jamais moins de cinq jours ouvrés, et gardez photos et factures.

Article relu par Photnicha Inthasa, directrice de la publication, le 06/10/2026.

Sources

  1. Casse thermique : deux zones contiguës d’un même vitrage à des températures sensiblement différentes ; la partie chaude se dilate et met la partie froide en extension ; le verre résistant moins en traction qu’en compression, une fissure peut s’amorcer à partir d’un bord si l’écart dépasse la limite acceptable. Écarts maximaux sans défaut de bord : verre recuit (NF EN 572) 40 K, verre durci (NF EN 1863) 100 K, verre trempé (NF EN 12150, NF EN 14179) 200 K ; un écart de 1 K équivaut à un écart de 1 °C. Risque plus élevé pour un vitrage isolant que pour un simple vitrage ; écarts amplifiés en hiver, avec le soleil au lever du jour et par ciel clair. — https://qualiteconstruction.com/wp-content/uploads/2024/05/Rapport-Observatoire-Focus-Vitrage-AQC.pdf, lu le 02/10/2026
  2. Fissure thermique : elle part perpendiculairement du bord du verre, puis suit un cheminement plutôt tortueux ; monofilaire sur le premier centimètre environ, elle peut devenir bifilaire ou multifilaire si l’écart est plus fort ; une fissure courte peut progresser ensuite par à-coups. Facteurs de risque : ombrage partiel et prolongé (bâtiments voisins, arbres, terrasse surplombante, auvent, store extérieur) ; stores, tentures, autocollants ou affiches sur le vitrage ; objet sombre derrière le vitrage ; verres absorbants, à couche ou portant un film réfléchissant ; bords abîmés ou écaillés ; appareil chauffant, lampe halogène ou ventilation dirigée vers le vitrage ; vitrages orientés de −60° à +45° par rapport au nord : risque faible selon la NF DTU 39 P3 ; un bord abîmé ou écaillé est un point faible à partir duquel une casse thermique peut apparaître pour des contraintes bien inférieures à celles d’un verre sans défaut (p. 14). — https://qualiteconstruction.com/wp-content/uploads/2024/05/Rapport-Observatoire-Focus-Vitrage-AQC.pdf, lu le 06/10/2026
  3. Prévention (sauf vitrages orientés au nord) : au moins 5 cm, ventilés, entre le verre et un rideau ou un store ; pas d’appareil chauffant par rayonnement en regard du vitrage ; pas d’appareil par convection ni d’objet massif foncé à moins de 20 cm ; ne rien apposer sur le vitrage ; si l’écart calculé selon la NF DTU 39 P3 dépasse la limite : façonnage des bords, verre durci ou trempé ; une composition faite uniquement de verres trempés ne présente pas de risque de casse thermique jusqu’à 120 °C environ ; en cas de bris, déterminer avec exactitude la cause avant de remplacer ; pour le vitrage isolant, l’intervention se limite au remplacement du volume verrier. — https://qualiteconstruction.com/wp-content/uploads/2024/05/Rapport-Observatoire-Focus-Vitrage-AQC.pdf, lu le 02/10/2026
  4. Casse spontanée du verre trempé : rare, sans sollicitation extérieure, brutale, avec un bruit comparable à une explosion, due à une inclusion de sulfure de nickel. Responsabilité : les travaux de vitrerie peuvent mobiliser la garantie décennale ; pour une casse thermique, la responsabilité de l’entreprise est engagée a priori, mais le défaut d’usage du maître d’ouvrage ou de l’utilisateur peut être invoqué comme élément exonératoire. Verre durci : fragmentation en grands éclats. — https://qualiteconstruction.com/wp-content/uploads/2024/05/Rapport-Observatoire-Focus-Vitrage-AQC.pdf, lu le 02/10/2026
  5. NF DTU 39 P3 « Mémento calculs des contraintes thermiques » : règles de calcul pour choisir les vitrages en paroi extérieure exposés à l’ensoleillement ou aux corps de chauffe, au regard des casses d’origine thermique. — https://boutique.cstb.fr/Detail/Documents-Techniques-Unifies/DTU-NF-DTU/39-Vitrerie-Miroiterie/39-Vitrerie-Miroiterie, lu le 02/10/2026
  6. La trempe renforce la résistance du verre à la flexion et aux chocs thermiques ; lors d’un choc, le verre trempé se casse en petits morceaux relativement peu coupants. — https://www.cekal.com/fr/vitrages-trempes.html, lu le 03/10/2026
  7. Marquage indélébile des vitrages isolants certifiés CEKAL : marque ou nom de société, référence de fabrication, site de production, période, mention CEKAL suivie d’un numéro. — https://www.cekal.com/fr/vitrages-isolants-1.html, lu le 03/10/2026
  8. Garantie bris de glace : elle couvre les dommages matériels (bris, fissures) des vitres, fenêtres, baies vitrées et vélux ; attendre le passage de l’expert pour les réparations sans caractère d’urgence ; indemnité calculée en déduisant la vétusté et la franchise éventuellement prévues. — https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques-et-les-faq/assurance-multirisque-habitation-renseignez-vous, lu le 02/10/2026
  9. L’assuré doit donner avis à l’assureur de tout sinistre dès qu’il en a connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat ; ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés. — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006791999, lu le 05/10/2026
  10. La garantie décennale couvre la responsabilité du constructeur pour les dommages apparus dans les 10 ans à compter de la réception des travaux, qui menacent la solidité de la construction ou la rendent impropre à sa destination. — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2034, lu le 03/10/2026
Vitriers au travail sur une façade vitrée

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