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Vitre cassée dans les parties communes : le rôle du syndic

Porte du hall, escalier, verrière : mise en sécurité, budget ou vote, devis, assurance et facture. La marche à suivre quand une vitre commune est cassée.

Par Assistance Vitrerie

Cage d’escalier d’un immeuble ancien, rampe en fer et fenêtre ouverte
Photo d’illustration : Zorica, Pexels

Quand une vitre des parties communes est cassée, c’est au syndic d’agir : il administre l’immeuble et, en cas d’urgence, fait exécuter de lui-même les travaux nécessaires. Une petite réparation se paie sur le budget voté chaque année ; un chantier plus important passe par un vote de l’assemblée générale. Voici comment sécuriser les lieux, choisir entre urgence, budget et vote, et tenir le dossier d’assurance.

Mise en sécurité d’un hall ou d’une porte d’immeuble

Une vitre cassée dans un hall présente deux risques : des éclats qui blessent, et une porte qui ne ferme plus. Le syndic veille à la sécurité des occupants ; en cas d’urgence, il fait procéder de lui-même aux travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble (loi du 10 juillet 1965, art. 18 ; Service Public).

Nos conseils de métier, en attendant le vitrier : éloigner les passants, baliser la zone, ne pas retirer à mains nues les morceaux encore en place, prévenir les résidents par un mot dans le hall, et photographier avant toute intervention.

Nous assurons la fermeture provisoire, de jour comme de nuit, 24h/24 et 7j/7, à Paris et dans toute l’Île-de-France ; le remplacement se fait ensuite sur rendez-vous.

Le verre neuf se choisit selon l’emplacement. Le fascicule FD DTU 39 P5 (version de 2017), qui vaut aussi pour les remplacements, guide ce choix selon les risques de blessure liés à l’usage des lieux (AFNOR, CAPEB). Le feuilleté retient ses morceaux en cas de bris ; le trempé se brise en petits morceaux peu coupants (Agence Qualité Construction, CEKAL). Notre page aide à choisir un verre feuilleté ou trempé.

Urgence, budget ou vote : qui décide ?

Tout dépend de l’ampleur des travaux. Une petite réparation se paie sur le budget voté chaque année. Ce budget couvre les travaux de maintenance, c’est-à-dire l’entretien courant. Le décret du 17 mars 1967 y range les « menues réparations ». Les autres travaux de conservation ou d’entretien demandent un vote à part en assemblée générale (Service Public).

En cas d’urgence, le syndic fait exécuter de lui-même les travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble. Il en informe les copropriétaires et convoque aussitôt une assemblée générale. Pour ouvrir le chantier, il peut demander une avance, appelée provision, après l’avis du conseil syndical. Cet avis est alors obligatoire. La provision ne peut pas dépasser le tiers du devis estimatif (décret du 17 mars 1967, art. 37, et Service Public).

Quand un vote est nécessaire, la majorité dépend des travaux. Les travaux de conservation se votent à la majorité simple, y compris ceux qui portent sur le clos, c’est-à-dire ce qui ferme l’immeuble. Les vitrages y participent, rappelle l’AQC. Une amélioration ou des travaux d’économies d’énergie demandent une majorité plus forte, dite de l’article 25. Il faut alors la majorité des voix de tous les copropriétaires, présents ou non (Service Public). Pour savoir qui décide et qui paie les fenêtres en copropriété, lisez notre article dédié.

Exemple chiffré : la provision des travaux urgents

Exemple fictif, pour comprendre la règle du tiers. La formule : provision maximale avant le vote = montant du devis estimatif ÷ 3.

Imaginons un coup de vent qui casse plusieurs vitres de la verrière de l’escalier : la pluie entre, les travaux ne peuvent pas attendre. Le devis estimatif s’élève à 4 500 € (montant inventé pour le calcul, ce n’est pas un prix). Après l’avis du conseil syndical, le syndic peut appeler au plus 4 500 ÷ 3 = 1 500 €, pour ouvrir le chantier et commander les premières fournitures.

Toute nouvelle provision suppose ensuite une décision de l’assemblée générale, que le syndic convoque immédiatement (décret du 17 mars 1967, art. 37). Chaque copropriétaire paie selon ses tantièmes de charges, sauf répartition particulière prévue par le règlement.

Devis, ordre de service, facture

Le devis gratuit et la facture sont établis au nom du syndicat des copropriétaires. C’est le syndic qui le représente dans les contrats (Service Public). Dès le premier appel, indiquez l’adresse, l’emplacement de la vitre (bâtiment, escalier, étage), le contact sur place et l’accès.

Au-delà de certains montants, deux règles s’ajoutent. L’assemblée générale fixe un premier montant à partir duquel le syndic doit consulter le conseil syndical. Elle en fixe un second à partir duquel il doit mettre plusieurs entreprises en concurrence (loi du 10 juillet 1965, art. 21). Si l’assemblée n’en a pas fixé les conditions, la mise en concurrence se fait par plusieurs devis. Elle peut aussi se faire par un devis descriptif, évalué par plusieurs entreprises (décret du 17 mars 1967, art. 19-2).

La commande se fait par le devis signé ou par un bon de commande, aussi appelé ordre de service. Pour lire chaque ligne, voyez les mentions d’un devis de vitrier. Le déplacement et la main-d’œuvre sont facturés selon notre page Tarifs. Le verre est chiffré sur devis.

Soignez la facture. Les copropriétaires peuvent la consulter avant l’assemblée qui examine les comptes. Entre la convocation et la réunion, le syndic tient les factures à leur disposition (loi du 10 juillet 1965, art. 18-1). Une facture claire évite bien des questions : mise en sécurité et remplacement séparés, emplacement, type de verre et dimensions.

Suivi des sinistres

Le syndic déclare à l’assureur de l’immeuble les sinistres qui touchent les parties communes (Service Public). Le contrat fixe le délai de déclaration ; la loi interdit de le fixer sous 5 jours ouvrés, ou sous 2 jours ouvrés en cas de vol (Code des assurances, art. L113-2). Seul le contrat dit si le bris de glace des parties communes est couvert, et avec quelle franchise.

Après un acte de vandalisme, une plainte peut être déposée au commissariat, à la gendarmerie, ou en ligne si l’auteur est inconnu. Gardez le récépissé (Service Public). Avant de faire remplacer la vitre, demandez à l’assureur de l’immeuble s’il envoie un expert. Suivez ensuite ce que prévoit le contrat. Les travaux urgents, eux, n’attendent pas. Le syndic fait exécuter de lui-même ceux qui sont nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble (loi du 10 juillet 1965, art. 18).

Notre liste de contrôle, pour un dossier complet :

  • date et heure du constat, et nom de la personne qui l’a fait ;
  • photos avant toute intervention : vue d’ensemble et détail de la casse ;
  • emplacement précis : bâtiment, escalier, étage, porte ou châssis ;
  • cause connue ou supposée : choc, vandalisme, effraction, cause inconnue ;
  • récépissé de plainte, s’il y a lieu ;
  • devis gratuit, facture détaillée et photos après la pose ;
  • date de la déclaration à l’assureur, référence du dossier et copie au conseil syndical.

Contrat annuel ou appel ponctuel

Pour une vitre de temps en temps, l’appel ponctuel suffit : un devis et une facture par sinistre. Pour plusieurs immeubles ou des casses fréquentes, un cadre écrit peut faire gagner du temps : interlocuteurs, accès, délai de remise des devis, contenu des factures, photos.

Ce cadre respecte les règles de la copropriété, dont les seuils de l’article 21. Pour ne pas réunir l’assemblée à chaque vitre, elle peut déléguer au syndic ou au conseil syndical le pouvoir de décider certaines dépenses, avec un montant maximum (loi du 10 juillet 1965, art. 25, a) ; la délégation au conseil syndical dure deux ans au plus (Service Public). Un contrat avec une entreprise liée au syndic demande l’autorisation de l’assemblée générale.

Pour en parler, voyez notre page de vitrerie pour les syndics et les gestionnaires.

La méthode du vitrier, étape par étape

Voici la façon de faire habituelle d’un vitrier. Le premier pas : nous signaler une vitre cassée avec une photo, par téléphone, WhatsApp ou formulaire.

  • Étape 1 : recueillir l’adresse, l’emplacement, l’accès (code, clés, gardien), le contact sur place et le nom du donneur d’ordre.
  • Étape 2 : sécuriser : retirer les morceaux instables, refermer l’ouverture de façon provisoire, vérifier que la porte ferme.
  • Étape 3 : constater : photos datées, mesures, recherche de la cause du bris avant de remplacer, comme le recommande l’Agence Qualité Construction.
  • Étape 4 : identifier le verre en place et l’usage des lieux, pour proposer un verre de sécurité si l’analyse des risques le demande.
  • Étape 5 : établir un devis gratuit au nom du syndicat des copropriétaires, en séparant mise en sécurité et remplacement.
  • Étape 6 : commander le verre sur mesure après l’accord écrit du syndic, puis poser sur rendez-vous, résidents prévenus.
  • Étape 7 : remettre la facture détaillée et les photos après la pose.

À retenir

  • En urgence, le syndic fait mettre en sécurité de lui-même, puis informe les copropriétaires et convoque l’assemblée.
  • Petite réparation sur le budget annuel ; chantier plus important voté en assemblée générale, devis au nom du syndicat.
  • Déclarez le sinistre à l’assureur de l’immeuble dans le délai du contrat : au moins 5 jours ouvrés, 2 en cas de vol.

Pour aller plus loin

Article relu par Photnicha Inthasa, directrice de la publication, le 06/10/2026.

Sources

  1. Le syndic est chargé d’administrer l’immeuble, de pourvoir à sa conservation, à sa garde et à son entretien et, en cas d’urgence, de faire procéder de sa propre initiative à l’exécution de tous travaux nécessaires à la sauvegarde de celui-ci. — https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000044074302, lu le 03/10/2026
  2. Le syndic administre l’immeuble, assure sa conservation, son entretien et, en cas d’urgence, fait exécuter les travaux nécessaires ; il entretient les parties communes (petites réparations) et assure la sécurité des occupants ; il souscrit l’assurance multirisques immeuble et déclare les sinistres touchant les parties communes ; il représente le syndicat dans les actes de la vie civile, dont la conclusion des contrats avec les prestataires ; il doit obtenir l’autorisation de l’assemblée générale pour signer un contrat avec une entreprise qui lui est liée ; commander des travaux non urgents sans autorisation de l’assemblée engage sa responsabilité. — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2608, lu le 03/10/2026
  3. Le syndic doit obligatoirement consulter le conseil syndical, notamment pour la réalisation de travaux urgents à son initiative pour la sauvegarde de l’immeuble et pour la conclusion de contrats et marchés dépassant le seuil voté en assemblée générale ; l’assemblée peut déléguer au conseil syndical, composé d’au moins 3 membres, le pouvoir de prendre seul des décisions relevant de la majorité simple, pour 2 ans au plus, avec un montant maximum fixé par l’assemblée. — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2610, lu le 03/10/2026
  4. « Lorsqu’en cas d’urgence le syndic fait procéder, de sa propre initiative, à l’exécution de travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble, il en informe les copropriétaires et convoque immédiatement une assemblée générale » ; il peut, après avis du conseil syndical s’il en existe un, demander une provision qui ne peut excéder le tiers du montant du devis estimatif, en vue de l’ouverture du chantier et de son premier approvisionnement ; toute nouvelle provision suppose une décision de l’assemblée générale. — https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006488658, lu le 03/10/2026
  5. « Les travaux de maintenance sont les travaux d’entretien courant, exécutés en vue de maintenir l’état de l’immeuble ou de prévenir la défaillance d’un élément d’équipement commun ; ils comprennent les menues réparations. » — https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006488770, lu le 03/10/2026
  6. Le budget prévisionnel, voté chaque année, comprend les travaux de maintenance, c’est-à-dire les petites réparations qui maintiennent l’immeuble ou les équipements collectifs en bon état ; il ne couvre pas les travaux de conservation ou d’entretien autres que ceux de maintenance, qui font l’objet d’un vote spécifique en assemblée générale et d’appels de fonds particuliers. — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F20586, lu le 03/10/2026
  7. Travaux nécessaires à la conservation de l’immeuble, incluant ceux qui portent sur le clos : majorité simple dite de l’article 24 ; travaux de transformation ou d’amélioration, et travaux d’économies d’énergie : majorité absolue dite de l’article 25 ; toute délégation de pouvoir au syndic ou au conseil syndical : majorité absolue ; la majorité absolue dite de l’article 25 correspond à la majorité des voix de tous les copropriétaires de l’immeuble (présents, représentés et absents). — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2137, lu le 06/10/2026
  8. Article 25, a : délégation du pouvoir donnée au syndic, au conseil syndical ou à toute personne de prendre un acte ou une décision mentionné à l’article 24 ; lorsque l’assemblée autorise le délégataire à décider de dépenses, elle fixe le montant maximum des sommes allouées à ce titre. — https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000039313590, lu le 03/10/2026
  9. L’assemblée générale, à la majorité de l’article 25, arrête un montant des marchés et des contrats à partir duquel la consultation du conseil syndical est rendue obligatoire, et un montant des marchés et des contrats autres que celui de syndic à partir duquel une mise en concurrence est rendue obligatoire. — https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000037671835, lu le 03/10/2026
  10. Lorsque l’assemblée générale n’en a pas fixé les conditions, la mise en concurrence pour les marchés de travaux et les contrats autres que le contrat de syndic résulte de la demande de plusieurs devis ou de l’établissement d’un devis descriptif soumis à l’évaluation de plusieurs entreprises. — https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000022124084, lu le 03/10/2026
  11. Entre la convocation de l’assemblée générale appelée à connaître des comptes et sa tenue, les pièces justificatives des charges, notamment les factures et les contrats en cours, sont tenues à la disposition de tous les copropriétaires par le syndic. — https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000042120918, lu le 03/10/2026
  12. Déclaration du sinistre dès connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, ramené à deux jours ouvrés en cas de vol. — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006791999, lu le 03/10/2026
  13. Plainte sur place au commissariat ou à la gendarmerie de son choix (récépissé), par courrier au procureur, ou en ligne pour une atteinte aux biens (vol, dégradation…) dont on ne connaît pas l’auteur. — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1435, lu le 03/10/2026
  14. Fascicule FD DTU 39 P5 « Travaux de bâtiment – Choix des vitrages en fonction de l’exposition aux risques de blessures – Partie 5 : mémento pour les maîtres d’œuvre » (juillet 2017, en vigueur ; il remplace l’édition de 2012, « Mémento sécurité ») : il guide les maîtres d’œuvre dans le choix des vitrages face aux risques de blessure, selon l’usage des locaux défini par le maître d’ouvrage. Texte payant, cité par son titre et son résumé public. — https://www.boutique.afnor.org/fr-fr/norme/fd-dtu-39-p5/travaux-de-batiment-choix-des-vitrages-en-fonction-de-lexposition-aux-risques-de-blessures-partie-5-/fa190318/79354, lu le 06/10/2026
  15. Les remplissages en volumes vitrés contribuent au clos et au couvert (p. 18) ; Verre feuilleté de sécurité : en cas de bris, l’intercalaire retient les fragments, limite la taille de l’ouverture et réduit le risque de blessures ; verre trempé : de sécurité par la très petite dimension de ses fragments ; en cas de bris, déterminer avec exactitude la cause avant de procéder au remplacement. — https://qualiteconstruction.com/wp-content/uploads/2024/05/Rapport-Observatoire-Focus-Vitrage-AQC.pdf, lu le 06/10/2026
  16. Lors d’un choc, le verre trempé se casse en petits morceaux relativement peu coupants. — https://www.cekal.com/fr/vitrages-trempes.html, lu le 03/10/2026
  17. Présentation « Produits verriers – Nouvelles perspectives » de la CAPEB (2022) : le fascicule FD DTU 39 P5 donne aux maîtres d’œuvre des recommandations pour choisir les vitrages selon l’exposition aux risques de blessure ; il s’applique aux travaux neufs et aux travaux de remplacement. — https://www.capeb-isere.fr/wp-content/uploads/2023/01/SM-Produits-verriers_compressed-2.pdf, lu le 06/10/2026
Vitriers au travail sur une façade vitrée

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