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Vitre cassée : locataire ou propriétaire, qui paie ?

Casse accidentelle, vétusté, tempête ou cambriolage : qui paie la vitre cassée en location, locataire ou propriétaire, et quel rôle pour l’assurance ?

Par Assistance Vitrerie

En location, remplacer une vitre cassée est en principe à la charge du locataire : c’est une réparation locative. Le propriétaire paie si la casse vient de l’usure normale, d’un vice de construction ou d’un cas de force majeure, comme une tempête. Après un cambriolage, le locataire passe par son assurance habitation. Voici comment trancher, et ce qu’un vitrier peut constater pour vous aider.

Ce que dit le décret sur les réparations locatives

Le décret du 26 août 1987 définit les réparations locatives : les travaux d’entretien courant et les menues réparations liés à l’usage normal du logement. Pour les vitrages, il en cite deux : la réfection des mastics et le remplacement des vitres détériorées.

La loi du 6 juillet 1989 (article 7) met ces réparations à la charge du locataire, sauf si elles sont dues à la vétusté, à une malfaçon, à un vice de construction, à un cas fortuit ou à la force majeure. Dans ces cas, elles ne sont pas à sa charge ; pour la vétusté, un vice de construction ou la force majeure, c’est le propriétaire qui paie.

La vétusté, c’est l’usure due au temps ou à un usage normal. La force majeure, c’est un événement exceptionnel, imprévisible et impossible à empêcher, comme une tempête.

Le locataire peut remplacer la vitre lui-même ou la faire remplacer par un professionnel. Le remplacement complet d’une fenêtre revient, lui, en principe au propriétaire. Le bail doit contenir une notice d’information qui rappelle les obligations de chacun pour l’entretien et les réparations.

Casse accidentelle, vétusté, effraction : qui paie ?

Tout dépend de la cause. Le locataire répond des dégradations survenues pendant la location, sauf s’il prouve qu’elles viennent d’un cas de force majeure, d’une faute du propriétaire ou d’un tiers qu’il n’a pas fait entrer dans le logement. Service Public précise qu’il peut le démontrer par tout moyen.

Pour faire la part entre l’usure et une dégradation, propriétaire et locataire peuvent convenir d’appliquer une grille de vétusté, choisie parmi celles issues d’un accord collectif.

Voici notre grille de lecture, construite à partir de ces règles :

  • maladresse ou choc de votre part, d’une personne qui vit avec vous, d’un invité, d’un sous-locataire ou d’un artisan que vous avez fait venir : le locataire paie ;
  • casse due à un tiers que vous n’avez pas fait entrer, par exemple un ballon venu de la rue : le locataire n’en répond pas s’il le prouve ; notez les coordonnées de l’auteur s’il est connu ;
  • usure normale (vétusté) ou vice de construction : le propriétaire paie ;
  • tempête ou autre cas de force majeure : le propriétaire paie ;
  • cambriolage : le locataire porte plainte et contacte son assurance habitation, qui lui indique les démarches ;
  • cause inconnue : faute de preuve contraire, la casse reste à la charge du locataire.

La méthode du vitrier, étape par étape

Notre rôle n’est pas de dire qui paie. Il est de décrire ce que nous constatons, photos à l’appui, pour que locataire, propriétaire et assureurs décident sur des faits. Voici la façon de faire habituelle d’un vitrier :

  • Étape 1 : sécuriser, puis photographier avant de toucher au verre : la fenêtre entière, la cassure de près, les bords du verre et le cadre.
  • Étape 2 : chercher le point de départ. Un point d’impact visible signale un choc. Une fissure qui part du bord, perpendiculaire à celui-ci, sans point d’impact, est la signature typique d’une casse thermique : un écart de température entre deux zones du même verre, par exemple entre une partie au soleil et une partie à l’ombre, ou près d’un radiateur ou d’un store.
  • Étape 3 : lire le mode de casse. La norme NF EN 12600 classe les vitrages selon leur façon de se briser : en morceaux coupants qui se détachent pour un verre ordinaire (recuit), en morceaux qui restent en place, retenus par un film intercalaire, pour un verre feuilleté, en une multitude de petits morceaux non coupants pour un verre trempé.
  • Étape 4 : examiner le cadre : traces d’outil près de la poignée ou de la serrure, état du mastic ou des joints, calage du verre.
  • Étape 5 : identifier le vitrage. Sur un double vitrage certifié CEKAL, un marquage indélébile indique la marque ou le nom du fabricant, une référence de fabrication, comme la période de fabrication, et le numéro du site de production.
  • Étape 6 : vérifier l’emplacement. Le fascicule FD DTU 39 P5, qui guide le choix des vitrages selon les risques de blessure, vaut aussi pour les remplacements : selon l’endroit, un verre de sécurité peut être nécessaire.
  • Étape 7 : écrire sur le devis et la facture un constat factuel : ce qui a été vu, le type de verre et ses dimensions.

Le rôle des assurances

Le locataire doit être assuré au moins contre les risques locatifs : dégâts des eaux, incendie et explosion. Le bris de glace ne fait pas partie de ce minimum. Service Public le cite parmi les garanties courantes de l’assurance habitation, notamment des contrats multirisques : seul votre contrat dit si vos vitres sont couvertes, avec quelle franchise et quel plafond.

Après un cambriolage, la garantie vol, si votre contrat la prévoit, peut couvrir les détériorations commises lors du vol ou de sa tentative. Le délai de déclaration fixé par le contrat ne peut alors pas être inférieur à 2 jours ouvrés, contre 5 jours ouvrés pour les autres sinistres. Un jour ouvré est un jour travaillé, en général du lundi au vendredi, hors jours fériés.

Après une tempête, la vitre est à la charge du propriétaire. Le Code des assurances prévoit que les contrats qui couvrent des biens situés en France contre l’incendie ou d’autres dommages couvrent aussi les effets du vent dû aux tempêtes.

Qui appelle le vitrier et qui reçoit la facture ?

Si la casse est à votre charge, vous choisissez le vitrier et la facture est à votre nom. Si votre contrat couvre le bris de glace, prévenez votre assureur avant les travaux qui ne sont pas urgents : il peut désigner un expert, dont il faut alors attendre le passage.

Si la casse revient au propriétaire, prévenez-le, ou prévenez l’agence qui gère le logement, photos à l’appui : c’est à lui de faire réparer. S’il ne fait rien, mettez-le en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception ; sans accord deux mois après, vous pouvez saisir la commission départementale de conciliation ou un conciliateur de justice. Le loyer reste dû pendant ce temps.

Si la fenêtre ne ferme plus, une mise en sécurité provisoire protège le logement en attendant. Avant un remplacement de vitre sur rendez-vous, mettez-vous d’accord par écrit : qui commande, et au nom de qui seront le devis et la facture.

Nous intervenons 24h/24 et 7j/7, en urgence ou sur rendez-vous, à Paris et dans toute l’Île-de-France. Le devis est gratuit, nos prix sont présentés sur notre page Tarifs, et nous remettons une facture détaillée pour votre assurance.

À retenir

  • Remplacer une vitre cassée est en principe une réparation locative, payée par le locataire, sauf s’il prouve qu’il n’est pas responsable.
  • Vétusté, vice de construction, tempête ou autre force majeure : c’est au propriétaire de payer.
  • Après un cambriolage, portez plainte et contactez votre assureur ; les photos et le constat écrit du vitrier aident à établir la cause.

Pour aller plus loin

Article relu par Photnicha Inthasa, directrice de la publication, le 05/10/2026.

Sources

  1. Réparations locatives : travaux d’entretien courant et menues réparations consécutifs à l’usage normal des locaux (article 1er) ; vitrages : réfection des mastics et remplacement des vitres détériorées (annexe, II, b). — https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006066148, lu le 02/10/2026
  2. Le locataire répond des dégradations, sauf s’il prouve la force majeure, la faute du bailleur ou le fait d’un tiers qu’il n’a pas introduit (article 7 c) ; il prend en charge les réparations locatives, sauf vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure (article 7 d) ; il s’assure contre les risques dont il répond (article 7 g). — https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000051748585, lu le 02/10/2026
  3. Le locataire fait l’entretien courant des vitres, dont la réfection des mastics et le remplacement des vitres détériorées ; il fait les réparations locatives lui-même ou par un professionnel. — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31697, lu le 02/10/2026
  4. Le locataire répond des détériorations dues à sa négligence et de celles causées par une personne qui vit avec lui, qu’il héberge ou invite, un artisan qu’il fait intervenir ou un sous-locataire ; il peut démontrer par tout moyen qu’il n’est pas responsable ; vétusté (usure due au temps ou à l’usage normal) et force majeure (événement exceptionnel, imprévisible et irrésistible, par exemple une tempête) à la charge du propriétaire ; grille de vétusté choisie parmi celles d’un accord collectif ; après un cambriolage, le locataire recourt à son assurance habitation ; assurance minimale du locataire : risques locatifs (dégât des eaux, explosion, incendie). — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F21105, lu le 02/10/2026
  5. Les réparations locatives occasionnées par la vétusté ou la force majeure sont à la charge du propriétaire ; s’il ne fait pas les travaux, le locataire l’avertit, le met en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, puis, sans accord 2 mois après, peut saisir la commission départementale de conciliation ou le conciliateur de justice ; le loyer reste dû. — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31699, lu le 02/10/2026
  6. Le bail doit contenir une notice d’information sur l’entretien et les réparations ; fenêtres : vitres cassées à la charge du locataire, remplacement complet à la charge du propriétaire ; vétusté, vices de construction et force majeure à la charge du propriétaire. — https://signal-logement.beta.gouv.fr/blog/entretien-logement-qui-paye-quoi/, lu le 02/10/2026
  7. Le contrat multirisques habitation regroupe plusieurs garanties, dont le bris de glace ; la garantie vol n’est pas incluse dans toutes les formules et peut couvrir les détériorations commises lors du vol ou de sa tentative ; déclaration du vol dans un délai minimal de 2 jours ouvrés ; dépôt de plainte. — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2028, lu le 02/10/2026
  8. Le bris de glace figure parmi les garanties courantes de l’assurance habitation ; la plupart des contrats prévoient une franchise et un plafond de remboursement. — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F38350, lu le 02/10/2026
  9. Déclaration du sinistre dans le délai du contrat, qui ne peut être inférieur à 5 jours ouvrés, ni à 2 jours ouvrés en cas de vol. — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006791999, lu le 02/10/2026
  10. Jour ouvré : jour effectivement travaillé, généralement du lundi au vendredi inclus, à l’exception des jours fériés habituellement non travaillés. — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35697, lu le 02/10/2026
  11. Les contrats qui garantissent les dommages d’incendie ou d’autres dommages à des biens situés en France couvrent aussi les effets du vent dû aux tempêtes. — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045296940, lu le 02/10/2026
  12. La déclaration écrite mentionne, s’il y a lieu, les coordonnées de l’auteur du sinistre ; l’assureur peut mandater un expert, dont il faut attendre le passage pour les réparations qui ne sont pas urgentes. — https://www.abe-infoservice.fr/fr/assurance/assurance-multirisques-habitation/assurance-multirisques-habitation-que-faire-en-cas-de-sinistre, lu le 02/10/2026
  13. La casse thermique naît d’un écart de température entre deux zones d’un même verre (partie au soleil et partie à l’ombre, store ou tenture, radiateur proche) ; elle apparaît au bord du vitrage, avec un plan de rupture perpendiculaire au bord et aux deux faces. — https://www.buildwise.be/fr/publications/articles-buildwise/2012-04.09/, lu le 02/10/2026
  14. La casse thermique est souvent identifiable par une fissure perpendiculaire au bord du verre ; elle démarre presque toujours au bord ; ses formes irrégulières la distinguent des casses mécaniques. — https://www.riouglass.com/guide-du-verre/quest-ce-que-la-casse-thermique, lu le 02/10/2026
  15. La norme NF EN 12600 classe le verre plat en trois classes principales selon son comportement à l’impact et son mode de cassure. — https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2012600/verre-dans-la-construction-essai-au-pendule-methode-dessai-dimpact-et-classification-du-verre-plat/68510, lu le 02/10/2026
  16. Modes de casse de la norme NF EN 12600 : morceaux coupants qui se détachent (comme un verre recuit) ; morceaux qui restent en place (comme un verre feuilleté, liés par l’intercalaire) ; multitude de petits morceaux non coupants (comme un verre trempé). — https://www.riouglass.com/solutions/rglass-trempe, lu le 02/10/2026
  17. Marquage indélébile des vitrages isolants certifiés : marque ou nom de société, référence de fabrication (période, ou site internet du fabricant et numéro de produit), mention CEKAL et numéro du site de production, indicateurs d’emploi. — https://www.cekal.com/fr/vitrages-isolants-1.html, lu le 02/10/2026
  18. Fascicule FD DTU 39 P5 « Travaux de bâtiment – Choix des vitrages en fonction de l’exposition aux risques de blessures – Partie 5 : mémento pour les maîtres d’œuvre » (juillet 2017, en vigueur ; il remplace l’édition de 2012, « Mémento sécurité ») : il guide les maîtres d’œuvre dans le choix des vitrages face aux risques de blessure, selon l’usage des locaux défini par le maître d’ouvrage. Texte payant, cité par son titre et son résumé public. — https://www.boutique.afnor.org/fr-fr/norme/fd-dtu-39-p5/travaux-de-batiment-choix-des-vitrages-en-fonction-de-lexposition-aux-risques-de-blessures-partie-5-/fa190318/79354, lu le 06/10/2026
  19. Présentation « Produits verriers – Nouvelles perspectives » de la CAPEB (2022) : le fascicule FD DTU 39 P5 donne aux maîtres d’œuvre des recommandations pour choisir les vitrages selon l’exposition aux risques de blessure ; il s’applique aux travaux neufs et aux travaux de remplacement. — https://www.capeb-isere.fr/wp-content/uploads/2023/01/SM-Produits-verriers_compressed-2.pdf, lu le 06/10/2026
Vitriers au travail sur une façade vitrée

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